Changement de cap potentiel pour le projet de jonction de Chavannes-près-Renens
Le projet de construction d’une nouvelle jonction autoroutière à Chavannes-près-Renens, prévu pour désengorger le secteur de Crissier (VD), pourrait ne pas voir le jour. Ce mardi, le Canton de Vaud a annoncé qu’il étudiait la possibilité d’abandonner cette infrastructure, en tenant compte des récentes analyses sur le trafic routier dans la région.
Des estimations initiales remises en question
Ce revirement intervient après la constatation que les prévisions de croissance du trafic, utilisées lors de l’élaboration du projet en 2010, ne se sont finalement pas concrétisées. Selon le Canton, les comptages et études réalisés entre 2014 et 2025 indiquent que le volume de véhicules reste inférieur de 25 % aux hypothèses initiales, établies par l’Office fédéral des routes dans le cadre du dossier de concertation sur la suppression du goulet de Crissier.
De plus, ces analyses suggèrent qu’à long terme, le trafic pourrait même rester stable ou diminuer, remettant en cause la nécessité d’une nouvelle jonction pour gérer la circulation existante.
Les conséquences d’un abandon et la nécessité de mesures d’accompagnement
Malgré cette tendance, le Canton souligne qu’un abandon sans mesures adéquates pourrait entraîner un report du trafic vers les routes environnantes et nuire à la gestion du réseau local. Par conséquent, il insiste sur l’importance de mettre en place un plan d’accompagnement, en collaboration avec les communes concernées, pour préserver l’accessibilité multimodale de la région et limiter les impacts négatifs sur le tissu routier local.
Un contexte marqué par des débats et des modifications de projet
Ce projet, initialement présenté en 2010 par l’OFROU, visait à réduire le congestionnement du secteur de Crissier par la création ou l’amélioration de plusieurs jonctions, notamment à Écublens et à Chavannes. La mise à l’enquête de cette dernière, en 2018, avait suscité près de 300 oppositions, conduisant l’autorité à explorer différentes variantes.
En 2021, un compromis était trouvé, mais en janvier dernier, la commune de Chavannes-près-Renens a décidé unilatéralement de cesser sa participation en dénonçant la convention liant toutes les parties impliquées. Ce geste impose désormais une nouvelle réflexion sur la faisabilité et la nécessité du projet, face à ces évolutions politiques et techniques.