T-shirt controversé associant le symbole nazi et Israël: enquête en Suisse et réactions publiques

Suisse

Contexte et faits clés

Andy West, fondateur du Taco’s Bar à Lausanne et de Libertad Wear, a lancé et mis en ligne un T-shirt arborant l’inscription « Fuck ISSraël ». Le vêtement intègre le motif « SS », référence à l’emblème de la Waffen-SS, dans le cadre du conflit au Moyen-Orient.

Une enquête pour discrimination et incitation à la haine a été ouverte à son encontre et il devra s’expliquer devant les autorités dans les prochaines semaines.

Réactions et position de l’auteur

West affirme ne viser personne en particulier mais l’État; il affirme être profondément choqué et déplore ce qu’il perçoit comme une atteinte à la liberté d’expression et aux droits de l’homme. Selon lui, le T-shirt est engagé et vise à dénoncer les violences subies par les civils à Gaza, tout en assumant le parallèle entre l’État d’Israël et les nazis.

Il précise toutefois que son intention est d’attirer l’attention sur un drame humanitaire et non d’inciter à la haine envers une communauté; il réaffirme ne cibler personne en particulier mais bien l’État d’Israël et sa politique qu’il juge génocidaire.

Selon ses dires, le vêtement a suscité l’intérêt d’environ 80 personnes en un mois et les bénéfices des ventes sont reversés aux civils de Gaza; il affirme qu’environ 200 dollars ont déjà été envoyés.

Impact et dons humanitaires

En parallèle de la controverse, environ 80 achats ont été enregistrés en un mois et les fonds récoltés à ce titre ont été reversés à des civils à Gaza; l’entrepreneur indique qu’un montant d’environ 200 dollars a été transféré jusqu’à présent.

Réaction de la Cicad

La Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation (Cicad) a dénoncé l’affaire. Le secrétaire général, Johanne Gurfinkiel, juge le T-shirt « parfaitement détestable » et salue l’intervention des autorités. L’association voit dans l’usage du symbole une banalisation des crimes nazis et une atteinte à la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu’une contribution à la légitimation de l’idéologie nazie dans l’espace public. Elle déplore une escalade de la stigmatisation au-delà de la critique politique et estime que cela vise à discriminer une population entière avec haine.

Elle résume l’enjeu comme une forme d’antisionisme associée à un antisémitisme contemporain.

Éléments juridiques et perspectives

La justice déterminera sa position dans les semaines à venir.

Informations complémentaires

À noter qu’une boutique appartenant à Andy West avait été la cible d’un cambriolage, suivi d’un incendie, en septembre dernier.