La Banane bleue et le positionnement suisse
Le concept de la Banane bleue, proposé en 1989 par le géographe français Roger Brunet, sert à identifier les zones économiques les plus dynamiques d’Europe. Il dessine un arc en forme de banane qui va de l’Angleterre au nord de l’Italie, avec le Rhin comme colonne vertébrale. Dans cet ensemble, on trouve des villes et des hubs où se rencontrent capitaux, savoir-faire et infrastructures.
Des pôles économiques majeurs
Dans cet espace, des métropoles et des centres d’innovation tels que Londres, Bruxelles, Amsterdam, Francfort, Zurich, Bâle, Milan et Turin jouent un rôle clé dans le commerce, la recherche et l’industrie.
La Suisse, enjeu central des échanges européens
Les échanges européens restent guidés par des corridors historiques, même si les itinéraires se sont modernisés. Autrefois empruntés à travers les Alpes, aujourd’hui ce sont notamment les trains de fret passant par le Gothard qui illustrent cette continuité. La Suisse occupe ainsi une position stratégique dans ce maillage nord-sud et est-ouest.
Sa localisation permet une proximité rapide avec les grands centres européens, facilitant les échanges dans les domaines commercial, scientifique et productif.
Des atouts hérités du passé
Au XIXe siècle déjà, la Suisse misait sur la transformation des matières premières importées, l’éducation et l’innovation, s’orientant tôt vers l’export. Des travailleurs partaient se former à l’étranger et revenaient, tandis que des communautés comme les huguenots apportaient leurs compétences. Pour l’historien Tobias Straumann, on parle d’une « chance géographique », mais il souligne aussi le rôle du fédéralisme et de la démocratie directe qui ont accru la marge de manœuvre des régions et soutenu l’adaptabilité économique.
Résilience contemporaine face aux tensions commerciales
La Banane bleue présente toutefois des revers : hausse des loyers et du foncier, intensification du trafic et de la pollution, et concentration des investissements dans les pôles au détriment des périphéries. Cela peut entraîner un exode régionales et un afflux de densification urbaine dans les centres. Malgré ces dynamiques, la position centrale de la Suisse dans ce corridor contribue largement à sa résilience, en soutenant des exportations à forte valeur ajoutée et en offrant des débouchés européens directs.
Ainsi, tout en restant prudent face aux offensives commerciales, la Suisse affiche une capacité de résistance renforcée par son positionnement et ses atouts structurels.