Plan américain et positions des acteurs
La porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a affirmé que le dernier plan de paix proposé par les États-Unis était «bon» pour l’Ukraine et pour la Russie. Elle a précisé que le président Donald Trump soutient ce plan et que, selon elle, il serait acceptable pour les deux parties, en réaction à des informations selon lesquelles le projet pourrait satisfaire Moscou sur plusieurs points clés.
Évolutions militaires et état des fronts
Le Kremlin a indiqué que le président russe Vladimir Poutine s’est rendu dans l’un des postes de commandement du groupement de troupes Ouest et a entendu les rapports des officiers sur la situation sur le front, sans préciser où se trouvait ce poste.
La Russie a revendiqué jeudi la prise de Koupiansk, bastion ukrainien du nord-est et l’une des villes où Moscou avait progressé ces dernières semaines face à des forces ukrainiennes en difficulté sur le front. Le commandant du groupement de troupes Ouest, Sergueï Kouzovlev, a déclaré que Koupiansk avait été «libérée», la qualifiant comme un «nœud clef dans la défense» ukrainienne. Avant la guerre, Koupiansk comptait environ 55 000 habitants et avait été occupée par l’armée russe en 2022 avant d’être reprise par les forces ukrainiennes en septembre de la même année.
Réactions et perspectives diplomatiques
L’Ukraine a indiqué avoir reçu un «projet de plan» américain visant à mettre fin au conflit et a déclaré être prête à travailler de manière «constructive» avec Washington à ce sujet. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky prévoit de discuter «dans les prochains jours» avec son homologue américain Donald Trump des possibilités diplomatiques disponibles et des principaux points nécessaires à la paix, selon la présidence ukrainienne publiée sur Telegram.
Un haut responsable ukrainien, anonymisé par l’AFP, a indiqué que le plan comportait notamment la reconnaissance des conquêtes de la Russie en Ukraine, estimant qu’elle occupe environ 20% du territoire, ainsi qu’une réduction de moitié de la taille de l’armée ukrainienne et l’abandon de ses armes à longue portée. La source a aussi évoqué la reconnaissance de l’annexion de la Crimée et d’autres régions prises par la Russie et une réduction de l’armée ukrainienne à 400 000 personnes; elle a toutefois souligné que la nature exacte du plan et l’attitude attendue de la Russie restaient incertaines.
Réactions européennes et positions françaises
La chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déclaré que la paix en Ukraine ne peut se faire qu’avec l’implication des Ukrainiens et des Européens, réagissant au plan américain qui prévoirait, entre autres, que Kiev cède des territoires et réduise son armée. De son côté, Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a affirmé que «la paix ne peut pas être la capitulation», rappelant que les Européens défendent une paix «juste» et «durable» et exigent des garanties pour prévenir toute nouvelle agression.
Convergences et incertitudes autour du plan
Selon des déclarations anonymes à l’AFP, ce nouveau plan américain semble reprendre les conditions maximalistes déjà avancées par la Russie, ce qui alimente les inquiétudes des autorités ukrainiennes qui estiment que cela équivaudrait à une capitulation. Une source indiquait que des signaux restent «pas clairs» sur l’attitude que la Russie serait censée adopter en retour.
Le Kremlin a refusé de commenter les informations relayées par Axios sur une éventuelle coordination secrète entre Washington et Moscou pour mettre fin à la guerre. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé son dégoût après la frappe russe sur Ternopil, qui a fait au moins 25 morts, soulignant l’“horreur” liée à l’usage intensif des missiles et des drones.
Dimensions diplomatiques et turques
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a appelé à relancer les négociations d’Istanbul en vue d’un cessez-le-feu, estimant utile de revitaliser le processus avec un cadre plus large pour traiter les questions essentielles. Zelensky a entamé des discussions sur la nécessité de rouvrir des négociations et d’augmenter la pression sur Moscou, dans le cadre des efforts diplomatiques en cours.
Équipements et énergie: une étape historique
En parallèle des efforts militaires, l’Ukraine et la Grèce ont signé à Athènes un accord portant sur la livraison de gaz naturel liquéfié à Kiev pour la période de décembre 2025 à mars 2026, via une déclaration d’intention entre DEPA et Naftogaz. Zelensky, en voyage en Europe, doit ensuite se rendre en France et en Espagne pour discuter de défense et d’énergie et obtenir des garanties de sécurité. À Paris, Emmanuel Macron a accueilli Zelensky lors d’une visite qui a conduit à la présentation d’un accord d’armement jugé «historique», incluant la possible livraison de 100 avions de combat Rafale et des systèmes de défense aérienne et de drones, avec une éventuelle signature d’une lettre d’intention.
Attaques et frappes dans les régions
Des frappes russes ont fait plusieurs victimes, notamment dans la région de Kharkiv, où trois personnes ont été tuées à Balakliya et des dizaines blessées, dont plusieurs enfants, selon les autorités locales. Des attaques de drones ont également visé Kharkiv et d’autres régions, provoquant des dégâts dans des immeubles d’habitation et des dommages matériels. Parallèlement, des affrontements se poursuivaient dans l’Est et le Sud, avec des gains territoriaux ponctuels et des actions autour de Pokrovsk et d’autres zones clés.
Équipements de sécurité et continuité des opérations
Au cours du week-end, Zelensky a annoncé son intention de poursuivre les réunions avec les partenaires pour renforcer les systèmes de défense aérienne et l’armement, afin d’améliorer la sécurité et la résilience ukrainiennes. Des échanges avec la Grèce, la France et d’autres États européens se poursuivent dans le cadre d’un effort collectif soutenu par l’Union européenne pour soutenir Kiev dans le cadre de son droit à la défense et à la sécurité énergétique.