Une proposition du PS pour la défense aérienne helvétique
Le Parti socialiste relance le débat sur l’avenir de la défense aérienne en proposant une coopération renforcée avec les pays voisins. Selon la SonntagsZeitung, l’idée irait jusqu’à envisager une éventuelle force aérienne commune avec l’Autriche, sous certaines conditions.
Un document adopté vendredi dernier par le groupe parlementaire du PS affirme que ce type d’intégration pourrait réduire les coûts tout en renforçant la sécurité du territoire.
Selon le PS, une défense autonome pourrait être une relique du passé, à l’heure où les menaces évoluent.
Menaces émergentes et capacités adaptées
La proposition s’inscrit dans une critique du concept de défense aérienne tel qu’actuellement défini par le Conseil fédéral. Pour le PS, les dangers les plus crédibles ne résident plus dans des jets étrangers, mais dans les essaims de drones bon marché qui visent des infrastructures critiques.
Équipements et dispositifs envisagés
Le PS appelle à des capacités plus mobiles et adaptées, notamment des systèmes sol-air déplaçables, une défense électronique et des avions de combat plus légers. Le document évoque la possibilité d’une douzaine d’appareils similaires au Leonardo M-346 italien, déjà commandé par l’Autriche.
Le choix du matériel et le coût des missiles
Parallèlement, le PS préfère que la Suisse renonce au F-35 américain, jugé trop coûteux et source d’une dépendance politique trop risquée envers les États‑Unis: «Compte tenu de l’arbitraire et de l’imprévisibilité du gouvernement américain, cette option présente des risques», déclare Samira Marti, cheffe du groupe PS.
Le PS souhaite donc étudier un avion européen à l’horizon 2035 et prolonger, en attendant, la vie des F/A-18 actuellement en service. L’opposition rejette aussi les missiles Patriot, considérés comme inadaptés pour contrer des drones bon marché et coûteux à chaque tir.
Au DDPS, l’analyse demeure favorable au F-35, estimant qu’il serait « supérieur dans toutes les disciplines ». Le département de Martin Pfister ne prévoit pas de changement de cap, alors que le Conseil fédéral doit prochainement décider de l’avenir du programme malgré la hausse des coûts.