Netanyahu dénonce les violences d’extrémistes en Cisjordanie et cadre international autour du conflit Gaza-Israël

Monde

Netanyahu appelle à condamner les violences et rappelle le caractère non représentatif des colons

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé, lundi soir, les violences attribuées à une poignée d’extrémistes non représentatifs des colons vivant en Cisjordanie occupée, après une nouvelle attaque contre le village palestinien de Jabaa, près de Bethléem.

Yaïr Lapid, chef de l’opposition, a qualifié l’attaque de « nouvelle étape dans l’escalade de la violence », tandis que Yaïr Golan, dirigeant de la coalition de gauche Les Démocrates, a évoqué un « terrorisme juif hors de contrôle ». Dans un communiqué, Netanyahu a déclaré prendre très au sérieux les émeutes violentes fomentées par une minorité d’extrémistes qui ne représentent pas les colons et qui cherchent à s’en remettre à eux-mêmes.

Réactions internationales et évolutions sécuritaires

Reprise partielle des exportations d’armes vers Israël par l’Allemagne

Berlin a annoncé que, à partir du 24 novembre, les exportations d’armes vers Israël pourraient reprendre sous le cadre des procédures d’examen habituelles, au cas par cas, en lien avec la situation à Gaza. Le gouvernement a précisé qu’il attendait le respect des engagements et notamment le maintien du cessez-le-feu et une aide humanitaire à grande échelle.

Un porte-parole a ajouté que l’Allemagne suivra les évolutions sur le terrain et les engagements régionaux.

La FINUL et les tensions au Liban

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a accusé l’armée israélienne d’avoir tiré sur ses soldats dans le sud du Liban sans faire de blessés et a appelé Israël à cesser toute attaque contre les Casques bleus et leurs positions. Selon la FINUL, un char Merkava aurait été impliqué et des mitrailleuses lourdes utilisées près des soldats, qui ont pu quitter les lieux après le retrait du véhicule.

Elle a exhorté l’armée israélienne à cesser tout comportement agressif et toute attaque contre ou à proximité des soldats de la paix, qui œuvrent à rétablir la stabilité dans la région.

Plan de paix pour Gaza et réactions internationales

Les États‑Unis ont fait pression pour l’adoption d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU endorsant le plan de paix de Donald Trump pour Gaza. Le texte prévoit notamment de créer un « comité de la paix » présidé par l’ancien président et d’autoriser le déploiement d’une force internationale (ISF) pouvant user de toutes les mesures nécessaires pour mener son mandat dans le cadre du droit international, afin d’appuyer la sécurisation des frontières et la démilitarisation de Gaza, tout en protégeant les civils et en formant une police palestinienne.

La Russie a circulé une résolution concurrente qui n’autorise ni la création du « comité de la paix » ni le déploiement immédiat d’une force internationale. Face aux réserves de certains membres, les États‑Unis ont mis en garde contre les risques d’un rejet et ont reçu le soutien de plusieurs pays arabes et musulmans, dont le Royaume‑Uni. Le plan américain est présenté comme une voie possible vers une paix durable dans la région.

Le Royaume‑Uni a exprimé son soutien public au texte américain, tandis que d’autres partenaires régionaux et internationaux ont appelé à une adoption rapide par le Conseil de sécurité.

Échos à Paris et à Jérusalem

Le président français Emmanuel Macron a rencontré Mahmoud Abbas à Paris pour discuter de la pleine application du cessez-le-feu à Gaza et du processus menant à des élections palestiniennes. Macron a rappelé le soutien de la France à la reconnaissance de l’État palestinien, et Abbas a confirmé son engagement pour des réformes et l’organisation d’élections, selon les échanges avec le chef de l’État français. Les discussions ont aussi porté sur la création d’un comité conjoint visant à élaborer la Constitution de l’État palestinien.

La France a insisté sur le fait que des projets d’annexion partielle ou totale de la Cisjordanie constituent une ligne rouge, susceptible de réponses conjointes avec les partenaires européens si ils étaient mis en œuvre.

Situation sur le terrain et échanges de dépouilles

L’Autorité palestinienne a annoncé jeudi soir la mort de deux adolescents de 15 ans, Bilal Bahaa Ali Baaran et Mohammad Mahmoud Abou Ayache, blessés par des tirs israéliens près de Hébron, au nord de Beit Omar. L’armée israélienne avait auparavant indiqué avoir éliminé deux « terroristes » lors d’une opération près de Karmei Tzur, une colonie voisine.

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Le même jour, Israël a reçu via la Croix-Rouge l’une des dépouilles gardées comme otages par le Hamas et ses alliés à Gaza, qui doit être identifiée à Tel‑Aviv avant restitution à l’Institut national de médecine légale. Le Hamas avait annoncé qu’il restituerait la dépouille de l’officier Hadar Goldin, tué en 2014, dans le cadre de l’accord de cessez‑le‑feu, et que d’autres restes d’otages pourraient suivre dans les jours à venir.

Sur les 28 otages promis par le Hamas, 24 ont été restitués à ce jour, et des échanges de corps et de prisonniers se poursuivent dans le cadre de l’accord négocié sous l’égide des États‑Unis.

Conflits au Liban et tensions régionales

Des frappes aériennes israéliennes ont visé le sud et l’est du Liban, notamment dans des zones montagneuses autour de Nabatiyé et le long de la frontière orientale, après une attaque matinale sur la route reliant les grandes agglomérations du sud, qui a fait un mort. Israël affirme viser des éléments impliqués dans la contrebande d’armes destinées au Hezbollah, en période de renforcement des échanges frontaliers.

L’envoyé américain pour le Proche‑Orient, Jared Kushner, s’est entretenu à Jérusalem avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu afin de sécuriser le maintien de la trêve à Gaza après la libération de la majorité des otages, dans le cadre des discussions pour les phases à venir du cessez‑le‑feu.