Contexte et affirmation de censure
Le metteur en scène Milo Rau, 48 ans, affirme lundi que le Festival international de théâtre de Belgrade (Bitef) a censuré sa pièce Le procès Pelicot et l’a retirée, alimentant les doutes sur l’avenir d’un festival longtemps perçu comme symbole de liberté artistique.
Retrait et implications
Le Bitef, prévu fin novembre mais dont la date exacte n’est pas encore arrêtée, est confronté à des retraits et à des changements dans la direction, attribués par les artistes à des pressions politiques, ainsi qu’à des réductions de financements.
Deux démissions liées au retrait
Le retrait de la pièce de Milo Rau, inspirée d’un procès très médiatisé en France impliquant des dizaines d’hommes invités par le mari de Gisèle Pelicot à violer une femme inconsciente et dopée, a conduit à la démission de deux responsables de la direction artistique: le directeur du festival, Milos Lolic, et le dramaturge Borisav Matic, selon leurs déclarations à la chaîne locale N1. Ils estiment que le retrait serait lié aux critiques émises l’année dernière par Rau concernant un projet minier serbe soutenu par l’État, qui a provoqué des protestations à travers le pays.
Réactions et contexte politique
Dans un communicu transmis à l’AFP, Milo Rau a qualifié l’acte d’un des plus préjudiciables à la liberté artistique qu’il ait vécu en deux décennies comme artiste et comme curateur, et a affirmé que l’un des plus importants festivals d’Europe risquait d’être démantelé pour des raisons qu’il juge obscures. Le milieu artistique souligne des pressions gouvernementales croissantes depuis le mouvement de protestation amorcé en novembre 2024, après l’effondrement meurtrier de l’auvent d’une gare, mouvement dénoncé comme le signe d’une corruption endémique dans le pays.