Taxe Zucman sur les patrimoines élevés : rejet en commission et perspective d’un nouveau round parlementaire
La commission des Finances a rejeté lundi la proposition de taxe Zucman visant les hauts patrimoines, défendue par la gauche au nom de la justice fiscale. Le camp gouvernemental et le Rassemblement national la qualifient de dispositif potentiellement nuisible au tissu entrepreneurial.
Le texte, porté en commission par les groupes LFI, PS, Écologiste et Communiste, prévoit d’imposer un impôt minimum de 2% sur le patrimoine dépassant 100 millions d’euros, y compris les actifs professionnels. Ses partisans évoquent un «minimum de justice fiscale» pour éviter que les retraités, les classes moyennes ou les malades ne soient exonérés au profit des plus riches.
Du côté gouvernemental et du Rassemblement national, on présente le dispositif comme un repoussoir pour les entrepreneurs souhaitant s’installer en France et comme une menace pour les entreprises qui ne seraient rentables qu’après des années d’existence, selon le rapporteur général Philippe Juvin (LR). Jean-Philippe Tanguy (RN) a pour sa part critiqué l’absence d’explication sur la taxation des biens professionnels et a averti sur une possible désindustrialisation.
Un nouveau débat est prévu dans l’hémicycle à partir de vendredi, en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Échos internationaux et économiques
Sur le plan international, Donald Trump a annoncé son intention de se rendre en Chine en début d’année prochaine pour rencontrer le président Xi Jinping, en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC). Il a précisé avoir été invité et que le déplacement serait «organisé» dans les circonstances actuelles, tout en exprimant des doutes sur une éventuelle invasion de Taïwan et en estimant que la Chine ne chercherait pas à une escalade.
Pendant que ces échanges se poursuivent, la paralysie budgétaire américaine a des répercussions sur la sécurité nationale: la NNSA prévoit de mettre environ 1 400 fonctionnaires au chômage technique, avec moins de 400 personnes en poste pour assurer la maintenance des ogives nucléaires, selon Ben Dietderich, porte-parole du ministère de l’Énergie cité par CNN. Mike Rogers, élu républicain et président de la Commission des forces armées, a évoqué la possibilité de renvoyer jusqu’à 80% des effectifs, tout en insistant sur la nécessité de maintenir les postes clés pour la sécurité nationale. Des sources internes à la NNSA indiquent toutefois qu’aucune menace immédiate pour la sécurité nationale n’est à craindre.
Sur le plan économique, le secrétariat au Trésor américain indique que les tensions commerciales avec la Chine se seraient apaisées et annonce des échanges téléphoniques prévus avec Pékin sur les négociations en cours. Par ailleurs, le gouvernement américain a annoncé l’achat de pesos argentins et la finalisation d’un accord d’échange de devises d’un montant de 20 milliards de dollars avec la banque centrale argentine, afin de soutenir la monnaie et le président Javier Milei.
Du côté industriel, Stellantis a annoncé un investissement de 13 milliards de dollars aux États‑Unis sur quatre ans, avec l’objectif d’augmenter la production d’environ 50% et de créer plus de 5 000 emplois dans les usines de l’Illinois, de l’Ohio, du Michigan et de l’Indiana. Le groupe prévoit le lancement de cinq nouveaux véhicules et dix-neuf actions produit d’ici 2029, et envisage la relance de l’usine de Belvidere (Illinois) après les tensions liées à l’accord social de 2023.
Sur les marchés, les incertitudes liées à la politique commerciale et à l’environnement géopolitique ont pesé sur les indices: la Bourse de New York a clôturé en recul, tandis que le CAC 40 a terminé en baisse après avoir été impacté par l’environnement politique et les propos de Trump. Stellantis a enregistré une chute marquée de sa valorisation à la suite de ces mouvements.
Sur le terrain européen, le chancelier allemand Friedrich Merz a appelé à la création d’une place financière européenne afin d’éviter la fuite de capitaux et de renforcer le financement des entreprises, tout en préconisant une harmonisation des marchés de capitaux au sein de l’Union européenne.
En Suisse, le Seco prévoit des perspectives économiques 2025 et 2026 plus sombres, en raison des droits de douane américains et d’un franc fort, avec une croissance révisée à la baisse pour 2026 malgré une projection de 1,3% du PIB en 2025 et 0,9% en 2026.
Dans le secteur spatial, Ariane 6 doit effectuer en 2026 son premier lancement de satellites dans le cadre d’un important contrat avec Amazon, après plusieurs missions prévues d’ici la fin de l’année, et le programme Copernicus Sentinel‑1D est évoqué comme prochaine mission.
Enfin, Nestlé a annoncé la suppression de 16 000 postes sur les deux prochaines années, en lien avec une révision de son organisation et une accélération de l’efficacité opérationnelle. Le groupe vise jusqu’à 3 milliards de francs d’économies annuelles d’ici 2027, avec la suppression de 12 000 postes de bureau et 4 000 postes en production, afin de s’adapter à un contexte économique décevant et de soutenir la rentabilité.
Par ailleurs, dans le secteur industriel, Boeing a livré 55 avions en septembre, dont 40 du modèle 737 MAX, portant le total à 12 254 livraisons depuis le lancement du programme, face à l’A320 d’Airbus qui demeure en avance sur ce segment.