KorSonoR 2025 à Genève, au croisement des arts sonores et des arts visuels
Pour sa deuxième édition, KorSonoR s’étend sur Genève pendant environ trois semaines et demi. L’événement explore les résonances entre les arts sonores et les arts visuels à travers des expositions, installations et performances, sans oublier des propositions transversales.
Cette année, une vingtaine d’artistes, duos ou projets collectifs, venus de dix pays et dont l’âge varie de 30 à 87 ans, sont à l’affiche.
Qu’est‑ce que les arts sonores
Selon Olivier Kaeser, historien d’art et fondateur d’Arta Sperto qui pilote KorSonoR, les arts sonores ne se confondent ni avec le concert ni avec la musique. Ils s’insèrent entre plusieurs disciplines et privilégient des formes intimistes qui peuvent toucher des publics peu familiers avec les codes des images, en les captivant par le son et en interrogeant le corps, la sensibilité et l’environnement, qu’il soit architectural, naturel ou spatial.
Des expériences immersives à Genève
La programmation comprend notamment l’installation Niemandsland de Dimitri de Perrot. Présentée à KorSonoR en mode exposition du mardi au jeudi, elle accueille des live sets du vendredi au dimanche. Décrite comme une « discothèque du quotidien », l’œuvre invite le public à déambuler parmi les sons et les rumeurs de la vie courante.
Selon le concepteur, Niemandsland propose un parcours en quatre étapes qui suit une journée: d’abord les sons domestiques, puis l’univers de bureau, puis les sons de déplacements et, enfin, les espaces de restauration, bars et lieux de fête. Les sons ne forment pas un documentaire mais une composition qui raconte une histoire du quotidien et peut ouvrir sur d’autres imaginaires.
Les live sets liés à Niemandsland durent environ quinze minutes et se déroulent cinq fois par jour autour de l’installation, ce qui laisse place, en parallèle, à une ambiance lounge et à la fête. Les organisateurs précisent que l’attention se concentre sur le geste et les interactions entre mouvement et son.
Un dôme sonore
Autre proposition marquante, Multiverse of a Birdcage, création du sculpteur et musicien Alexandre Joly avec le compositeur Daniel Zea. L’installation réunit dix-sept panneaux en bois sur lesquels 1500 piezos émettent des vibrations et diffusent les voix d’une quarantaine d’artistes. Les panneaux forment un acousmonium autour du public, qui se trouve au centre.
Ce dispositif, décrit comme un lien entre art visuel et art sonore, permet une diffusion polyphonique au cœur de l’espace d’exposition.
Éditions, lieux et prolongation
KorSonoR se déploie dans plusieurs sites genevois tels que le Commun, le Musée d’art et d’histoire et la Fonderie Kugler, et bénéficie même d’une prolongation jusqu’à Venise.
Olivier Kaeser souligne son approche: il cherche toujours l’écrin idéal pour chaque œuvre, performance ou proposition et tisse des liens avec l’architecture et l’environnement naturel existant.
Propos recueillis par Anne Laure Gannac
Adaptation web: Melissa Härtel
2e édition de KorSonoR, Genève, divers lieux, du 22 octobre au 16 novembre 2025.